Paquebots de croisières : de vraies villes marines

fait le 01/01/2020 par Martin BERNARD

Selon l’agence européenne de l’environnement, le marché du transport maritime est l’un des moins régulé du monde. Pourtant, avec l’inauguration du nouveau paquebot Symphony of the Seas la question écologique s’est posée. Et heureusement.
Pour rentrer assez vite dans le sujet, les carburants de ces mastodontes émettent un peu moins de dioxyde de carbone mais toujours autant d’oxydes de soufre et d’oxydes d’azote. Pourtant l’oxyde de carbone affecte le système respiratoire. C’est le gaz à l’origine du grand smog de Londres, en 1952, qui causa la mort de 12 000 Britanniques. C’est un détail à ajouter mais les croisières se déroulant souvent dans les régions ensoleillés. Et le rayonnement solaire favorise la chimie de l’atmosphère et la formation de polluant secondaires.

Un vrai problème respiratoire
Pour les adeptes de croisières qui ne restent que deux semaines, la probabilité d’être affecté est assez faible sauf pour les personnes âgées. Leur slogans correspondent assez bien d’ailleurs : «des vacances saines », « avec des services et des expériences dédiés au corps », « voyages “skip-generation” dans lesquels les grands-parents voyagent avec leurs petits-enfants sans leurs parents ». Les principales victimes sont les habitants des littoraux près des ports et les employés des compagnies maritimes. La difficulté reste dans la reconnaissance des maladies. Le Dr Loddé expliquait : « Dire que c’est forcément la pollution du bateau qui est responsable, tant de temps après, c’est compliqué ». Et en effet l’apparition des symptômes intervient 10 à 20 ans après l’exposition. Et les symptômes s’aggravent avec l’exposition à l’amiante ou encore le tabagisme. De réputation, les marins professionnels sont de gros fumeurs.
Cette pollution est démontrée par la FNE et la NABU à Marseille en 2018. Ainsi, avec un compteur de fines particules, ils ont enregistré une concentration de trois mille particules par centimètre au carré près du vieux port. Au terminal maritime, à huit kilomètres du premier relevé, ils enregistrent trois cent mille particules. Soit cent fois plus. Les chiffres sont donc très alarmants. Un problème sanitaire est cependant à déclarer à partir de cinq mille particules par centimètre au carré selon l’organisation mondiale de la santé (OMS). Pourtant l’alarme écologique n’a pas été sonnée.

Un désastre pour l’environnement
Les paquebots de Venise s’enfoncent dans la baie. Sauf que la ville est construite sur des pilotis enfoncés dans la vase. Et les passages de ces mastodontes créent des vibrations qui détériorent les fondations. Ainsi les fondations se dégradent à vue d’œil. Le problème c’est que les hélices produisent des ondes mais des accidents peuvent survenir. Comme ce fut le cas le 2 juin 2019. Et une chute de paquebot risque d’engloutir une bonne partie de la ville. Non seulement ce serait un désastre humain mais également historique. La ville date de presque deux millénaires, et la perdre ainsi serait lamentable.
Aujourd’hui des efforts sont faits comme la mise en place de bornes électriques pour alimenter les bateaux amarrés en énergie. Mais comment alimenter une ville flotante tel que les paquebots de croisière. Alors bien sur leur succès n’est pas inexplicable, les agences mettent tout en œuvre pour vous donner des vacances de rêves. Mais mettre ses poumons en jeu contre une piscine en pleine mer n’est pas un si bon calcul.